Qu'est-ce que geneviève dormann ?

Geneviève Dormann, née le dans le et morte le à Neuilly-sur-Seine, est une femme de lettres et journaliste française.

Biographie

Famille et jeunesse

Son père, Maurice Dormann, est ouvrier-typographe, imprimeur, puis, grièvement blessé pendant la Grande Guerre en 1916, il devient journaliste et directeur du Réveil d'Étampes puis est élu député et sénateur. Il sera aussi brièvement ministre en 1930. Sa mère se prénomme Alice.

Enfant, elle puise dans la bibliothèque de son père.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, elle et sa famille se réfugient à Tours, avant de retourner à Paris. Ils résident dans le village essonnien de Maisse de 1943 à 1944. Ils rentrent définitivement à Paris à la fin de 1944 où ils vivent dans le .

Elle est d'abord placée à la Maison d'éducation de la Légion d'honneur au château d'Écouen, puis en internat de jeunes filles, d'où elle est exclue pour avoir lu, et fait lire à l'une de ses camarades, un livre de Colette alors à l'index.

Méprisant les mathématiques, elle se passionne pour la littérature, apprenant par cœur des tirades de Jean Racine et traduisant Enoch Arden de Alfred Tennyson pour le plaisir. Ses résultats scolaires sont en dent de scie, étant soit première, soit dernière de la classe1.

Elle fait ses études secondaires au lycée Jean-de-La-Fontaine à Paris2.

Elle n'obtient pas le baccalauréat. Elle sort du couvent à l'âge de 17 ans pour épouser le peintre Philippe Lejeune , dont elle a trois filles (lors de la cérémonie dans la chapelle de Nuits-Saint-Georges qu'il a décorée, la vierge Marie d'un vitrail a les traits de Geneviève Dormann). Elle en divorce cinq ans plus tard puis se remarie avec l'écrivain et parolier Jean-Loup Dabadie. Elle a une autre fille avec ce dernier, Clémentine3.

Carrière

Elle se lance dans le journalisme en 1959.

Après avoir écrit pour Marie Claire, Le Figaro Magazine, Le Point et Le Nouveau Candide, découverte par Jean Cayrol4, Geneviève Dormann entame une carrière d'écrivain, tout en continuant à travailler dans la presse écrite et la radio.

Roger Nimier lui fait alors un canular : il lui envoie de faux courriers de Gaston Gallimard, d’Henry de Montherlant et d'Hélène Lazareff louant son talent5.

Son caractère trempé, son goût de l'aventure et des voyages , son esprit provocant, souvent à contre-courant des modes idéologiques, se retrouvent dans ses romans.

En 1967, elle rate le Prix Interallié au profit d'Yvonne Baby6{{,}}7, puis en 1974, de deux voix; il revient finalement à René Mauriès pour Le Cap de la gitane8.

Elle fait partie du comité éditorial du magazine GEO à sa création en 19799.

Elle est une grande amie des quatre écrivains des Hussards, Antoine Blondin, Michel Déon, Jacques Laurent et Roger Nimier. Elle est également proche de Kléber Haedens et Jean Dutourd. Elle est par ailleurs membre du Club des ronchons dont ce dernier est un des piliers.

Elle est également sociétaire des Grosses Têtes en 1986 puis chroniqueuse de la Bande à Ruquier dans On va s'gêner10. Elle participe à des émissions sur Radio Courtoisie11.

Possédant une maison à Saint-Sauveur12, elle est nommée vice-consul du royaume de Patagonie à l'île d'Yeu en 2002.

Elle devait faire paraître un ultime ouvrage en 13, projet qui n'a pas été mené à terme.

Elle fait don de l'ensemble de ses manuscrits et de ses archives littéraires au département des Manuscrits de la Bibliothèque nationale de France en .

Mort

Elle meurt à Neuilly-sur-Seine de maladie, le , à l'âge de 81 ans. Dans une tribune au Figarovox, Irina de Chikoff lui rend hommage : La ministre de la Culture Fleur Pellerin salue dans un communiqué , qui 14.

Opinions politiques

En 1960, elle signe la « Déclaration sur le droit à l'insoumission dans la guerre d'Algérie »15.

Elle se dit , 16.

En 1975, dans Apostrophes, elle affirme être de droite

Dans un entretien à Politique magazine en 2010, elle s'indigne de 17.

Prises de position

En 1975, avec Robert Aron, Thierry Maulnier, Roger Bésus, Dominique Jamet et Claude Joubert, elle cosigne une lettre au Monde, où elle s'insurge de l'article d'un universitaire faisant profession d' de Robert Brasillach18.

En 1980, elle dénonce dans la presse les , visant expressément le Goncourt19.

En 1985, elle écrit dans Le Crapouillot n° 80 : Guy Konopnicki lui réplique dans Information juive 20.

À la fin des années 1980, elle publie avec Régine Deforges des livres sur la broderie, ce qui suscite des critiques du milieu littéraire. Elle répond avec panache : 21.

Dans La Petite main, en 1993, elle croque Simone Veil sous les traits d'une femme au 22. La même année, alors qu'elle est membre du Comité national pour la commémoration solennelle de la mort de Louis XVI et que le cardinal Lustiger fait part de sa réticence à commémorer le bicentenaire de la mort du roi, celle-ci le traite de . Elle est alors exclue du comité23.

Le , elle déclare sur France Inter que , qu' et qu'ainsi 24. Plus tard dans l'année, elle participe à la controversée « Journée du livre français » à l'université Panthéon-Assas aux côtés notamment de Jean-Claude Martinez, Jacques Trémolet de Villers, Jean-François Chiappe et Dominique Venner25.

En 2002, elle co-signe une pétition demandant une « solution rapide et décente aux problèmes fiscaux de Françoise Sagan », condamnée pour une fraude fiscale sur ses revenus de 1994 et devant à l’État , en considérant que si « Françoise Sagan doit de l'argent à l’État, la France lui doit beaucoup plus : le prestige, le talent, un certain goût de la liberté et de la douceur de vivre »26.

Elle est souvent considérée comme un 27 mais sous lequel se cachait une femme fragile28.

Œuvres

Collaborations

Traductions

  • Italie, Hachette, 1960.
  • L'inculpé de James Barlow, roman, traduction, Plon, 1962.

Préfaces

Postfaces

  • Si le roi m'avait donné Paris sa grand'ville de Michel Fleury, discours liminaire de Bernard Billaud, Maisonneuve et Larose, 1994.

Illustrations

Distinctions

Prix

Elle a reçu le Prix de la Plume de Diamant en 1968 pour La Passion selon Saint Jules29, le Prix des Quatre-Jurys pour Je t'apporterai des orages en 1971, le Prix des Deux Magots pour Le Bateau du courrier en 1974, le Grand Prix de la ville de Paris pour Fleur de péché en 1980, le Prix Kléber Haedens, le Prix Roland de Jouvenel et le Prix de la ville de Nantes en 1983 pour Le Roman de Sophie Trébuchet, le Grand prix du roman de l'Académie française en 1989 pour Le Bal du dodo et le Prix Maurice-Genevoix pour Adieu, phénomène en 1999.

Décorations

En 1972, elle refuse d'être faite chevalier des Arts et des Lettres30.

Filmographie

Elle adapte et écrit les dialogues, avec Alain Moury, Catherine Claude, Monique Lange et Jean Anouilh, du film Les Vierges, réalisé par Jean-Pierre Mocky en 1963.

Avec Jutta Brückner et Margarethe von Trotta, elle adapte le roman de Marguerite Yourcenar Le Coup de grâce, pour le cinéma. Le film, réalisé par Volker Schlöndorff, est sorti en 197631.

En 1980, elle adapte le roman de Guy de Maupassant Mont-Oriol sous l'autorité de Serge Moati.

Chanson

Bibliographie

  • Francis Bergeron, Geneviève Dormann, la petite sœur des Hussards, Paris, Dualpha, 2015.

Références

Liens externes

Footnotes

  1. Astrid Éliard, « Geneviève Dormann, adieu phénomène ! », Le Figaro, encart « Le Figaro et vous », samedi 14 / dimanche 15 février 2015, page 3.

  2. Elizabeth Sleeman, The International Who's Who of Women 2002, Europa Publications, 2001.

  3. « M. Jean Cayrol est élu à l'académie Goncourt », lemonde.fr

  4. « Yvonne Baby Prix Interallié », lemonde.fr.

  5. « Bilan de l'année littéraire », lemonde.fr

  6. « Interralié : René Mauriès pour "Le Cap de la gitane". La mort de près », lemonde.fr

  7. « Un nouveau magazine mensuel : "Géo" », lemonde.fr.

  8. Fiche sur labandearuquier.com

  9. Tag « Geneviève Dormann » sur radiocourtoisie.fr.

  10. « Dans la tanière d'Amin Maalouf, sur l'île d'Yeu », lexpress.fr.

  11. « Grasset fait le pari de sortir le nouveau Beigbeder fin mai », lemonde.fr.

  12. « Hommage de Fleur Pellerin à Geneviève Dormann », culturecommunication.gouv.fr.

  13. « Nouvelles inculpations : Treize nouveaux signataires dont M. André Schwarz-Bart », lemonde.fr.

  14. « Geneviève Dormann, bretteur charmant des idées reçues », politiquemagazine.fr.

  15. « À propos de Robert Brasillach », lemonde.fr.

  16. « Le prix Goncourt sous tutelle », lemonde.fr.

  17. « La flèche de Diane », lexpress.fr.

  18. « Fallait-il tuer Louis XVI ? », lexpress.fr.

  19. « La "popularité" de Louis XVI », lemonde.fr.

  20. « Polémique sur la journée du livre français à l'université d'Assas », lemonde.fr.

  21. .

  22. « Les vengeurs musclés », lexpress.fr.

  23. « Échos et nouvelles », lemonde.fr.

  24. Le Coup de grâce sur l'IMDB. Source d'origine : geneviève dormann. Partagé avec Licence Creative Commons Attribution-ShareAlike 3.0

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